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Avez-vous envie de créer ou de faire évoluer un projet collectif qui vous tient à cœur ? Rêvez-vous de fonctionner de manière horizontale, en gouvernance partagée, tout en ayant peur que votre projet perde son essence, son cap, sa singularité ? Cherchez-vous à clarifier ou à redéfinir, avec tout votre collectif, votre vision, vos valeurs et vos objectifs, le tout sans vous sentir écrasé.e, empêché.e, combattu.e ou même rejeté.e?
Alors ma proposition de combiner Mandala holistique et Principes sources devrait vous plaire.

La première a changé ma façon d’accompagner les projets collectifs : la découverte des « Principes sources » de Peter Koenig. Ils sont issus de sa grande expérience dans le domaine de l’entrepreneuriat et du leadership.
Ils nous invitent à reconnaître et à respecter la dimension verticale qui est à l’origine de tout projet.

Peter Koenig

Verticalité? C’est la constatation qu’un projet est initié, au tout début, par LA personne, qui a su transformer une idée inspirée en une réalité manifestée. Cette personne est la source globale du projet, de l’entreprise, de cette aventure collective. Elle est porteuse des valeurs fondamentales et immuables du projet qui en constituent son ADN.

La vision du projet, quant à elle, est l’image ou l’idée que chacun peut se faire du projet, selon sa perception individuelle du monde. La vision peut évoluer avec le temps, le contexte et avec les personnes impliquées dans le projet. L’intérêt de la redéfinir est de s’assurer que les visions sont compatibles entre elles et cohérentes avec les valeurs.

Mandala holistique et Principes sources

Dans cet article, je vais vous expliquer comment j’ai modifié ma pratique pour intégrer les principes sources dans le processus du Mandala Holistique.
C’est un outil que j’utilise pour soutenir les collectifs à identifier ou à re-définir leur projet.
Je vais également en profiter pour présenter mes excuses à celles et ceux que j’ai maladroitement accompagné.es à tout définir ensemble, dans une sorte d’horizontalité excessive.

Enfin, j’espère vous donner envie de découvrir et d’expérimenter cet outil que je mets à jour. Il promet selon moi, et plus que jamais, de transformer vos projets collectifs en les rendant plus robustes, plus créatifs et plus connectés à leur source.

Prêt.e.s ? Alors, c’est parti !

Nota bene: article en 3 parties, avec le nouveau processus du Mandala Holistique en toute fin.

Partie 1 – Une révélation qui coule de source

Un petit livre rouge sur la source, Ordinata

Pour moi la découverte des Principes source a été une révélation, comme l’ont été la Permaculture et la Gouvernance intégrative.

Peter Koenig va encore plus loin en affirmant que les valeurs propres au projets, son ADN, sont le fruit de cette connexion première avec « la source ». Et pire ! Que ces valeurs ont alors un caractère immuable, auquel, finalement, cette dite personne source devra s’y conformer elle aussi, tant qu’elle agira au sein de ce projet précis et non d’une nouvelle forme de ce dernier.

Et ces valeurs se trouvent justement au cœur du Mandala Holistique, outil que j’ai beaucoup utilisé pour soutenir les collectifs à identifier ou re-définir leur projet.
Vous pouvez d’ailleurs aller lire ce premier article : Mandala Holistique – Une vision claire et des caps communs il n’as pas pris de rides 😉

Tous ces projets du nouveau monde que j’accompagne et affectionne tant, visent très souvent un idéal – ou une utopie : fonctionner sans chef, dans une pure horizontalité.
Très souvent, l’intention de réaliser cette utopie se fait avec la puissance de la rébellion. Oubliant alors ce qui mène jusque là : le développement de nos propres compétences et talents, de notre magnétisme, de nos idées singulières, ce que l’on vibre, rayonne… comme un arbre, unique et différent, qui a poussé et grandit, notamment dans sa verticalité et sa singularité.
Pour vivre une belle coopération horizontale, il nous aura chacun.e fallu découvrir et dévoiler nos excellences propres, identifier et dégrossir un minimum cette singularité de qui je suis pour en nourrir pleinement un projet collectif.

En utopistes de l’organigramme plat – comprenez sans chef ou sans hiérarchie – on cherche alors, en réactivité, à bâtir ce nouveau monde par le rejet de tout ce qui rappellerait au mauvais souvenir la verticalité. En faisant de gros amalgames et pointant des abus d’autorité et de pouvoir, des privilèges de caste ou nourrissant divers conflits et polarités tels que dominant/dominé, riches/pauvres, etc.

Mais alors pourquoi avons nous besoin d’en passer par cette posture d’utopiste réactionnaire ? Est-elle un passage obligé pour certains ou un simple tremplin pour viser directement une coopération saine et inclusive ?

Pour conclure de cette première partie, je veux vous dire combien j’ai la certitude que tous nos projets collectifs, pour rester efficients, inclusifs et créatifs, doivent parvenir à danser avec cette polarité entre la verticalité et l’horizontalité. Et ce, jusqu’à ce qu’on ne parle plus du tout de polarité. Qu’on l’ait oubliée… Et qu’on explore plutôt nos complémentarités, comme une saine évidence.

En attendant l’heureux avènement de cette belle utopie…

Partie 2 – Je vous présente mes excuses

Work with source, Tom Nixon

Ce petit détour nous ramène à cet apport des principes sources.
Leur principal effet semble être l’invitation à mieux considérer, et donc à mieux intégrer, la dimension verticale dans nos intentions d’horizontalité; de ces aventures humaines où l’envie de prendre tout le monde en compte cohabite avec la mission de réaliser un projet si unique.
Le tout, dans un monde complexe empli de personnes singulières et enrichissantes.

Et c’est là que je veux, par ce texte, avouer ma faute. J’ai accompagné nombre de projets avec l’outil du Mandala Holistique – peut-être toi chère lecteur.ice – et j’ai proposé à toutes les personnes présentes, généralement toutes impliquées dans le projet, de participer horizontalement à décrire, et synthétiser valeurs et raison d’être de leur collectif.
Quelle erreur !

Je vous en demande donc humblement pardon.
Car je comprends aujourd’hui combien cela a pu être confusant, inadéquate et même peut-être source de conflits personnels ou de violences systémiques.
Je l’assume car j’écoute enfin cette petite voix, qui s’exprimait déjà timidement, me dire : es-tu sûr que c’est bien juste de leur faire accoucher ensemble des valeurs du projet ?

Car je vous leur ai fait croire que qu’ils pouvaient être collectivement co-responsables de les garder, d’en partager une vision et une lecture commune.
Hors non! ce ne sont pas du tout là des responsabilités collectives, mais bien celle de la personne source. (et j’ose aujourd’hui une phrase aussi affirmative)

Les valeurs ont émergé à la naissance du projet, lors de la toute première initiative, sorte d’acte psychomagique, qu’a posé la personne source globale. Bien sûr elle ne sont pas toujours rendues claires et partageables dès le début, et l’appui du groupe en cela sera une grande force, mais je ne crois pas qu’aucun groupe ne pose ces premières briques de l’ADN d’un projet dans un même élan initiateur. (et je demande sincèrement à en découvrir des contre-exemples 😉

Voyez où cette incompréhension m’a à l’époque menée :

Parfois, par le jeu du hasard et des circonstances, la personne source n’était même pas présente ou impliquée dans la synthèse des valeurs. De sorte que la raison d’être aura souvent fini, soit comme une phrase presque correcte, soit carrément creuse, demandant un effort psychique démesuré pour la relier à la réalité vécue.

Je vous demande pardon.

De la même manière, pour la synthèse d’une des thématiques du projet dont une personne était clairement source, peut-être n’était-elle pas présente ou n’a-t-elle pas su faire entendre ce qui, depuis son rôle de source, était véritablement important, urgent ou connecté aux valeurs fondamentales. Peut-être n’a-t-elle pas été reconnue et honorée en temps que gardienne, guide et garante de son champ de responsabilité.

Je vous présente donc mes excuses ; et me console en pensant que cela était sûrement juste pour vous aussi, à ce moment là de vos démarches.

Dans le même temps, je vous remercie de m’avoir conduit à la conscience que j’en ai aujourd’hui. Je me suis d’ailleurs engagé à ne plus laisser aucun groupe dans le flou de la connexion à sa source.
Que je vous accompagne ou que nos chemins se croisent brièvement, sachez que mon intuition restera désormais forte et engagée. Au service de votre axe ET de son déploiement.

Partie 3 – Processus du Mandala Holistique 2.0

Mandala holistique

Il m’a donc fallu aménager ma pratique. Y intégrer la notion de personne source, dans mes postures et mes propositions.

Concrètement, voici la modification du processus du Mandala Holistique tel que Robin Mc Kurdy me l’a transmis :

  • En amont :
    Avoir identifié la personne source globale et les sources spécifiques
    le plus importantes, notamment reliées aux thématique du mandala.
    Selon le temps et les informations mises à ma disposition, ce travaille d’identification est réalisé avec le groupe ou en amont intuitivement sur la base d’info récoltées.
  • Durant le processus :
    Placer parfois physiquement ou symboliquement la personne source au centre
    . Exemples :
    • dans les petits jeux, ice-breakers, célébrations, etc.
    • dans la structure du rêve éveillé.
      Je considère maintenant l’origine de l’idée du projet, que le groupe se reconnecte à ces tous premiers instants et aux initiatives qui l’ont fait passer d’idée à manifestation.
  • Restitution en groupe des idées ramenées du rêve éveillé.
    • Valeurs :
      Commencer par écouter la personne source
      , puis les autres par ordre d’ancienneté, en maintenant l’attention que la personne source globale valide, par sa connexion, les valeurs ajoutées
    • Principes et intentions, actions et mises en œuvre des thématiques :
      Vérifier que cela reste cohérent auprès des personnes source spécifiques dans le champ de leurs responsabilités.
  • En fin de mandala, identifier et célébrer :
    • ce qui correspond particulièrement au projet tel qu’initié
    • ce qui décrit ou propose une évolution de son champ.
      Ex : un projets de ferme pédagogique qui n’avait pas encore émergé, une nouvelle répartition des logements, de nouveaux usages des espaces extérieurs, ou encore la création d’un café associatif ouvert sur le territoire.
      Mais aussi : abandon du projet de transformation juridique, chantier contradictoire avec des valeurs de minimalisme, l’ouverture d’un bar associatif avec une tireuse alors que le projet se voulait « sans alcool », etc.

Au final, ma mission est de soutenir les membres d’un collectif à réintégrer, dans le vivant de leur pratique, la dimension verticale, source de vie et de connexion à plus grand que soi. Et je garde en vie mon goût de donner à vivre ce merveilleux processus que représente ce Mandala Holistique 2.0.

À votre service pour propulser vos projets dans le merveilleux espaces de leur plein déploiement!

Ressources :

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